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Bénin: quand les grands partis politiques creusent leurs propres tombes

Publié le : 17/06/2017Auteur : AFRIKATVCatégorie : Articles - Politique

Déjà qu’il leur est reproché de ne pas être à même de se montrer décisif dans le choix des vainqueurs de joutes électorales, les partis politiques les plus importants de la sphère politique béninoise s’adonnent à un spectacle d’autodestruction.Guerres intestines par-ci, choix politiques suicidaires par-là, c’est le visage même de la politique au Bénin qui change irrémédiablement.

 Le séisme au cœur du Parti social démocrate (PSD)

Depuis octobre 2016, l’atmosphère n’est plus au beau fixe au sein du Parti social-démocrate, un des partis historiques du Bénin. Depuis cette date, la transition à la tête de ce rassemblement est sujette à une discordance entre ses ténors. Plus précisément, s’il est reconnu que la présidence du PSD est actuellement assurée par Emmanuel Golou, celui-ci est contesté par une fronde qui a à sa tête le vice-président du parti, Jean-Baptiste Edayé.

Invité le 12 juin dernier sur une radio locale, Jean-Baptiste Edayé, figure du mouvement anti-Golou, a marqué son opposition au congrès extraordinaire que le président en exercice avait convoqué. Selon Edayé, Emmanuel Golou aurait dû, aux lieu et place de ce congrès, convoquer un conseil national dans le but de revoir les textes du parti qu’il estime truqués. Une instabilité qui semble bien caractéristique d’une autre formation politique, bien partie pour s’effriter.

Lutte de pouvoir à la Renaissance du Bénin (RB)

Après avoir vainement essayé d’éjecter la fondatrice Rosine Soglo de la présidence de son parti, c’est sur son fils que les frondeurs de la Renaissance du Bénin ont jeté leur dévolu. Ce qui semble poser problème au sein de la RB, c’est l’hégémonie de la famille Soglo, quand bien même les antagonistes évoqueraient une gestion sombre des affaires et des finances de la formation. À l’heure actuelle, on se demande qui préside véritablement la RB.Une équation à plusieurs inconnues d’autant plus que, dans les derniers développements de cette mascarade, les quotidiens informent que le camp Lehady Soglo, président éjecté de son perchoir, a décidé de saisir la justice pour faire annuler le congrès des frondeurs prévu le 23 juin prochain. Osons le dire, la déchirure dans le camp de la RB est actée! Et quand bien même la blessure cicatriserait, elle laissera une ombre douloureuse dans les mémoires de ses partisans.

Le PRD, devenu l’ombre de lui-même

On peut sûrement s’aventurer à dire que la plus grande déception de cette saga de chute en domino des grandes formations politiques du terroir est celle du Parti du renouveau démocratique de Me Adrien Houngbédji. Reconnu et admis par tous comme la figure de proue de l’opposition, aujourd’hui, c’est à se demander si la formation elle-même existe toujours. Et si oui, survivra-t-elle au vent qui souffle ? Si dans les deux premiers cas ce sont les incompréhensions internes qui causent la saignée, ici, ce sont les choix qui portent à la dérive. Faut-il encore rappeler que ce sont les dernières joutes électorales qui ont confiné le parti dans l’épaisse ombre de la mouvance présidentielle ? En effet, le PRD a laissé tomber son manteau de contre-pouvoir. Mais la véritable question que l’on doit se poser c’est : à quel prix ?

La brume se lève sur le landerneau politique béninois

Pour faire le point,  il n’y a pas de parti politique capable de jouer le rôle de contre-pouvoir. Les intérêts de l’heure et les ambitions de diriger nourris à tort et travers ont poussé les uns et les autres à se fourvoyer. Pour ainsi dire, ceux qui, au crépuscule des élections présidentielles de 2016 estimaient que les partis politiques sont des outils dont se servent les magnats économiques pour prendre le pouvoir ont eu parfaitement raison. Il suffit d’observer la psychologie changeante de ces regroupements pour le comprendre. À gauche ce matin, puis à droite avant la fin de l’après-midi.

Et soyons réalistes un moment ! Il n’y a plus de partis politiques pour jouer le rôle pourtant indispensable et édifiant de l’opposition.Cette tâche est dévolue à des organisations compétentes de la société civile et quelques syndicalistes parfois instrumentalisés ou dans certains cas, marionnettistes. Pour qui le sait déjà, l’absence de barrage nous ouvre les portes de la déroute. Les tyrans et les autocrates n’en demandent pas plus pour se laisser aller à leurs instincts de dominance.

Sur un tableau un peu plus optimiste, il faut espérer que le PSD sorte indemne de sa crise. Car le PRD donne l’impression d’être parti pour rester de l’autre côté du miroir. Revenir à ses vieilles habitudes va lui coûter un peu plus que la distribution de quelques millions. En ce qui concerne la RB, c’est avec une franchise toute nue qu’il ne faut pas s’attendre à grande chose d’elle. Elle ira où soufflera le vent, comme on le sait déjà, sauf si elle change définitivement de visage.

Une tribune libre de la Rédaction d’Afrikatv

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