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Musique: Akwaaba Mokili fait revivre Fela, 20 ans après sa disparition

Publié le : 07/09/2017Auteur : AFRIKATVCatégorie : Articles - Culture

Par Fidèle GOULYZIA

Une célébration pour le symbole, alliant échanges sur les tranches de vie de l’icône de l’afro-beat et ambiance électrique d’une soirée dansante.C’est la contribution de l’association Akwaaba Mokili à la commémoration des 20 ans de la disparition de l’artiste nigérian Fela Kuti. L’association culturelle a débuté cette célébration mercredi 6 septembre aux Bains Douches à Besançon (Est de la France) par l’organisation d’une conférence prononcée par l’animateur radio français Mathieu Richard connu sous le nom de “Mathieu Blackvoices”.

“L’afro-beat” comme arme de combat 

L’épopée des musiques africaines des décennies 60, 70 et 80 n’a plus aucun secret pour lui. Mathieu Richard est une véritable bibliothèque musicale itinérante. Depuis une quinzaine d’années, le timbre singulier de ce DJ et animateur de plusieurs émissions radios berce de nombreux mélomanes en France et particulièrement à Besançon où il est installé. Sa particularité, la collection de vinyles rares et inédits d’afrobeat, de highlife, de rumba, de makossa, de mandingue et de musiques antillaises.

Qui mieux que Mathieu Richard pour évoquer la riche discographie et la carrière militante du roi de l’afro-beat! l’animateur était bien dans son élément mercredi pour cette conférence, récit imagé et anecdotique de la vie de Fela Anikulapo Kuti. De la naissance de l’icône à Abeokuta (dans le sud-ouest du Nigeria) au sein d’une famille bourgeoise le 15 octobre 1938 à ses obsèques qui ont réuni un million de personnes, rien n’a échappé à la présentation du conférencier, arborant un tee-shirt à l’effigie de l’artiste. Panafricaniste convaincu, le président autoproclamé de la “République de Kalakuta” avait fait de sa musique une arme de combat contre les différents régimes militaires qui ont semé “larmes et sang” au Nigeria. D’ailleurs, la famille de Fela n’oubliera jamais le passage au pouvoir de l’actuel président, le général Muhammadu Buhari. La mère de Fela, militante engagée des droits civiques et politiques, perdra la vie, défenestrée par des militaires aux ordres. Affaibli par le sida et les nombreuses répressions, “the Black président”, l’homme aux 27 épouses, décède le 2 août 1997, à 58 ans, laissant derrière lui un héritage que revendiquent ses fils Seun et Femi ainsi que la nouvelle vague de la pop africaine.

“L’afro-beat sera la musique du XXIè siècle”

Il ne croyait pas si bien dire, le trompettiste afro-américain Miles Davis, parlant de l’afro-beat! Une prophétie en voie de s’accomplir avec la vague pop nigériane qui éclabousse la scène africaine et internationale. Pour sûr, la rythmique de l’orchestre Africa 70 mué en Egypt 70 y aura fortement contribué avec un florilège de tubes comme Lady, expensive shit, shakara, sorrow tears and blood, colonial mentality, no agreement… Les fils Femi et Seun (avec sa verve militante) ainsi que l’indémodable Tony Allen (ex-batteur du père) peuvent être considérés comme les gardiens du temple musical dont l’influence est aujourd’hui incontestable par son message et ses accents très jazzy.

Assurément, pari réussi pour la jeune association culturelle Akwaaba Mokili qui en six mois d’existence s’est déjà distinguée par six soirées thématiques et un concert en mai dernier avec la chanteuse camerounaise Alima à Besançon. Association pour la promotion des cultures et de la musique panafricaines, Akwaaba Mokili organise périodiquement des concerts, des conférences publiques et envisage des interventions en milieu scolaire pour des échanges culturels bien rythmés. Et à propos de rythme et de cadence, l’apothéose de cet hommage à Fela, c’est la soirée dansante du jeudi 7 septembre au Bar de l’U à Besançon, avec comme invité de prestige, Soul Koffi, autre spécialiste des musiques africaines.

Fidèle GOULYZIA

 

 

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