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Solidarité internationale: Mélanie Abot cultive sa « pépinière culturelle »

Publié le : 20/04/2017Auteur : AFRIKATVCatégorie : Articles - Culture - Education

Ne vous méprenez point sur sa fine silhouette d’une fragile apparence ! Mélanie Abot a du coffre, intellectuellement et physiquement. Dans son escarcelle, La pépinière culturelle, une association de solidarité internationale, fruit d’une dizaine d’années de périples en Afrique, au contact de modes de vies qui ont irréversiblement formaté sa personnalité.

 

Le déclic d’une idylle avec l’Afrique

Quand elle entame en 2004 un stage de deux mois à Yaoundé pour le compte du Groupement de retraités éducateurs sans frontières (GREF, association de droit français portée sur la solidarité internationale dans le domaine éducatif), elle est loin d’imaginer ouvrir l’une des plus belles pages de sa vie associative. La visite de l’hôpital du Dr Jamot à Ayos, ville pilier de la formation des premières générations de médecins camerounais, la route de Bertoua dans l’Est ou encore la célébration de ses 20 ans dans l’attachante ville portuaire de Kribi achèvent de tisser un lien humain fort avec le continent. « Ce séjour a confirmé et renforcé mon attachement et ma curiosité envers les cultures africaines. Cette révélation m’a encouragée à poursuivre la découverte du continent’’, témoigne t-elle avec une pointe de nostalgie. Le Cameroun ouvre ainsi les boîtes de Pandore de passionnantes découvertes au cœur du continent.

 Périples à travers le continent

L’année suivante, on retrouvera Mélanie, ‘’la citoyenne du monde’’ désormais fidèle abonnée à la mobilité internationale, au Sénégal pour un autre stage de trois mois à Rufisque (sud-est de Dakar la capitale). Au pays de la Teranga (hospitalité en langue nationale Wolof), elle apporte un coup de main bénévole à une association de développement local. L’objectif est de réaliser une étude de faisabilité pour la mise en place d’un centre de formation en coupe couture, coiffure, teinture et alphabétisation, au profit des jeunes filles déscolarisées du quartier de Fass. Un centre devenu plus tard une fierté personnelle puisqu’il fonctionne et a contribué à l’autonomisation de centaines de femmes.

Cinq ans plus tard, le contact avec la nature et les reliefs fascinants des paysages africains s’enrichit davantage dans le sud de l’Algérie. Pendant une dizaine de jours, dans le Tassili du Hoggar à la frontière avec le Niger, elle évoluera en bivouac. Séduite par le désert, c’est celui de l’Ennedi qui l’accueillera au Tchad en 2012. En dix jours à peine, elle écumera le marché de Faya Largeau, les peintures rupestres de Terkeï, la guelta de Bâ Chikélé, d’Archeï ainsi que les lacs d’Ounianga. Elle en profite pour participer au festival des cultures sahariennes à Fada toujours dans le nord-est du pays.

En 2013, l’Ethiopie et ses mythiques églises troglodytes, ses lacs et volcans au charme enchanteur lui offrent leur hospitalité. Mélanie est fascinée par les routes du sel et les Afars. Deux ans plus tard, on retrouvera sa silhouette au Cap-Vert où pendant trois semaines elle va à la découverte, sac à dos, de l’archipel et de ses plages de sable noir, surmontant facilement les barrières linguistiques du portugais et du créole.

« Personnellement, je ne conçois pas de voyager autrement qu’en partageant le quotidien des personnes pour comprendre leur réalité. La langue n’étant pas une barrière. Ces séjours m’ont permis de découvrir la richesse culturelle de régions parfois peu connues.’’, explique la jeune trentenaire française titulaire d’une licence en gestion de projets et solidarité internationale obtenue à l’Université de Besançon (Est de la France).

La somme d’expérience tirée de ces périples lui ont permis de mieux cerner certaines problématiques liées au développement culturel en Afrique.« Certains pays sont difficiles d’accès et le tourisme de masse se soucie rarement du sort des populations. Des initiatives existent pour soutenir ces régions où la population vit parfois dans des conditions difficiles. La culture n’est malheureusement pas une priorité bien qu’elle fasse partie intégrante du quotidien de tout à chacun. », se désole t-elle.

Un constat amer qui a contribué à la création d’une association de solidarité internationale ayant vocation à promouvoir des initiatives d’échanges culturels.

‘’La pépinière culturelle’’ germe sur le terreau fertile des découvertes

« Après dix ans de voyages en Afrique, j’ai eu envie de partager ces trajectoires de vie, ces rencontres humaines, à travers une exposition photographique itinérante et sonore. Le projet Afrique[S] est né en 2014 et aujourd’hui on a rencontré des publics majoritairement jeunes et d’horizons divers lors de 15 étapes différentes », souligne l’activiste culturelle. L’enthousiasme et l’engouement suscités autour de la création et l’animation de l’exposition a rapidement donné naissance à « la pépinière culturelle »

L’association est accompagnée dans le cadre de son projet de développement par un dispositif financé par l’Europe pour des porteurs de projets d’économie sociale et solidaire. Aspect innovant du projet, la démarche interculturelle qui permet une mutualisation des compétences, des réseaux et des connaissances de chacun.

 « Je crois avant tout qu’il est du devoir des jeunes générations montantes en Afrique et de la diaspora de prendre en main le destin de leur continent et ceci dans tous les domaines ». Des paroles qui sonnent comme une devise, un chemin de vie.

par Fidèle GOULYZIA

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